LE SON

 

 

 

 

 

Enregistrements des voix

Quand nous avons la possibilité, nous répétons avec les comédiens quelques jours avant l’enregistrement. Cela nous permet de cogiter encore à des changements d’écriture car tout ce qui bloque à la lecture reste encore à améliorer ou à résoudre. A l’occasion de ces répétitions, nous poussons le ou la comédien(ne) à improviser et s’éloigner du texte le plus largement possible tout en veillant à ce que restent les informations capitales à la compréhension du scénario. Nous trouvons que c’est dans cette « liberté sous condition » que le plus de trouvailles surviennent et que le personnage se concrétise. Nous enregistrons ces séances de répétition pour pouvoir retravailler à partir de là  la vraie séance d’enregistrement en studio. Le jour J nous donnons en général au comédien ou à la comédienne moins de texte que ce que le scénario original en comportait. Mais nous avons pris soin de noter tout ce qui nous a intéressé pendant la séance de répétition et comme c’est encore frais dans les esprits, il n’y a besoin de temps à autre, que d’un petit rappel pour relancer l’ impro. De cette façon, on s’éloigne davantage d’un texte écrit.

Pour Popolo qui est présent dans presque tous les plans et qui parle beaucoup, nous avons passé une journée intensive en enregistrement. Pour Amabilé beaucoup moins présente, une demie-journée a suffit. Pour le chef boucher et le petit garçon qui n’ont que quelques répliques, 2 heures chacun.

Chaque comédien a été enregistré séparément. Le but n’étant pas là d’enregistrer une suite dialoguée entre comédiens comme on enregistrerait une pièce de théâtre déjà montée mais de constituer une réserve suffisamment riche pour chacun des personnages dans laquelle puiser les possibilités de choix les plus fines et détaillées.  

Nous avons donc beaucoup plus de matière qu’il n’en faut : ce sont les rush. Il faut après  les trier càd choisir entre les différentes prises car on demande de faire plusieurs versions d’un même dialogue ou d’une même phrase. Ensuite à partir des différentes prise retenues on fait le travail de montage.  Effectievement, il n’est pas rare de prendre le début d’une réplique dans telle prise, de poursuivre en mettant le bout d’une autre et de terminer par un troisième morceau choisi encore ailleurs. De même qu’un petit bruit (essouflement, étonnement, bégaiement, sanglot…) demandé pour tel plan de telle séquence serve finalement à un autre endroit du film.

Presque tout à la fin du film càd quand l’animation, la coloration des personnages, leur intégration dans les décors et le montage du son (bruitage) sera pratiquement achevé, il y aura à nouveau des séances (mais courtes) d’enregistrement : des « retakes ». Ce sont des petits compléments que les comédiens auront à faire en fonction de ce qui manque ou de ce qui a changé par rapport à  l’enregistrement initial. 

Les voix définitives et leur montage est essentiel. C’est vraiment le point de départ indispensable à l’animation des plans car ce sont les voix qui donnent le rythme des séquences et du film. Elles permettent d’interpréter et d’analyser les sentiments, les intentions et donc en conséquence d’imaginer la gestuelle, les positions, les mouvements, les expressions et même l’articulation des personnages.   

   Vous savez tout !

  


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