L’ANIMATION

On n’a jamais été aussi proche du but !

 

 

 

 

 

 

Par un savant chassé-croisé de stagiaires venus de pleins d’écoles et d’horizons différents, toute une étape -et non la moindre !- de l’animation a été menée sur un rythme fort agréable : allegro ma non tropo.

De janvier à octobre, avec quelques périodes creuses où les stagiaires se font plus rares (car comme les fraises ou les champignons les stagiaires ont une saison !), tous les plans de toutes les séquences de tout le film ont été passés au crible du crayon, de la gomme et du linetest ! 

Les périodes de creux m’offrant la possibilité non négligeable de pouvoir préparer les pochettes des futurs plans à animer.

Tout d’abord ce qu’il faut savoir c’est que l’animation des plans ne se fait pas nécessairement dans l’odre chronologique du film. Nous avons mis du temps à trouver les comédiens, alors nous avons commencé à animer les rares plans où Popolo ne parlait pas ou bien les plans où il était de dos, ou hors champs. Puis, une fois que nous avons eu la voix de Popolo (fin décembre) et que nous l’avons montée (cf SON) nous avons pu commencer à l’animer même de face ! Encore fallait-il que pour certains décors indispensables au calage de l’animation, Léo ait fini leur mise en place globale. C’est le cas quand le décor intéragit avec le personnage càd lorsque le personnage est assis sur un élément de décor ou appuyé contre ou qu’il ouvre, ferme une porte, se cogne dans quelque chose, monte ou descend une marche, regarde en direction d’une fenêtre… bref quand il y a interaction.

Il s’est passé exactement la même chose pour Amabilé et pour tous les personnages du film (qui heureusement ne sont pas très nombreux) car le film est déjà très bavard et somme toute assez long !

J’ai expliqué dans la rubrique « SON » que nous n’envisagions l’animation qu’à partir du montage définitif des voix des comédiens. C’est réellement en écoutant et réécoutant encore et encore l’interprétation des comédiens pour entrer en  totale empathie avec eux que je me mets à imaginer ce qui les émeut, les motive, les anime donc leurs expressions, leurs regards, leurs gestes.  

Je fais donc des dessins de préparation -souvent accompagnés d’indications écrites- qui jalonnent  entièrement le plan. Le nombre de dessins de prépa peut varier de 1 à une cinquantaine selon la longueur et la compléxité du plan à animer, selon aussi le nombre de personnages présents dans le plan. Je suis particulièrement soucieuse des interactions de regards entre personnages, des petits détails de gestes ou d’expression qui pour moi donnent une vraie consistance, une légitimité aux personnages. Ces dessins de préparation sont plus communément appelés « pause-clés ». Ils correspondent à des moments très précis du plan ou du dialogue, voire même du phrasé.

Puis les animateurs sont chargés d’animer, càd de créer véritablement le mouvement et le rythme du plan (sans coller à mon dessin et à mon trait, là n’est pas le but).

Principalement ils font cela en dessinant les intervalles (les « inter ») entre chaque pause-clés. Le plan peut passer de 20 dessins de prépa à 114 dessins par exemples. Tous ces dessins sont shootés un à un sous un banc titre avec une web-cam reliée à un un logiciel de linetest. Le linetest permet de mettre tous dessins les uns à la suite des autres suivant un ordre bien précis établi par l’animateur et de caler cette suite de dessins en fonction du son (donc des voix). L’animateur peut aussi choisir le temps d’exposition de chaque dessin. Selon l’effet désiré un dessin peut durer 1, 2, 3, 4 ou davantage d’images. (rappel il y a 24 images/sec au cinéma)

Quand c’est fait il n’y a « plus qu’à » corriger comme pour des acteurs en répétition, jusqu’à ce que tout colle !  Les interactions entre perso, les regards, un geste plusvif ou plus doux, une embrassade : à quel moment exactement se séparent-ils ? Il secoue la main pour dire au revoir oui, mais comment la main s’agite t-elle exactement ? S’en suit donc toute une série d’ajustements, de nuances autant d’approfondissements successifs apportés aux personnages.

Cela se traduit soit par un simple bidouillage du temps d’exposition des dessins : on enlève une ou plusieurs images à un ou plusieurs dessins  pour accélérer ou vivifier un mouvement (ou l’inverse pour l’effet contaire). Quelque fois ça ne suffit pas, alors on supprime même des dessins. Ou au contraire on en rajoute ou bien alors on les remplace par d’autres qui conviennent mieux…

Bref beaucoup de recherche, de patience, de rigueur, d’obstination et aussi d’attention à la possibilité de voir de heureux hasards se présenter. Donc que de satisfactions ! 

Pour avoir le casting des petites fourmis ouvrières-animatrices, allez dans la rubrique « GENERIQUE »

Me reste maintenant pour les longues soirées d’hiver qui approchent à grand pas, l’étape du clean. C’est à dire que je reprends un à un tous les dessins « rough » (càd « brouillon » ! ) des animateurs mais avec mon trait et en ajoutant encore une ultime couche de retouche.

Là, si vous avez pris le temps de tout lire, vous êtes très (très) calés.

Publicités

%d blogueurs aiment cette page :